Redressement judiciaire

La procédure de redressement judiciaire est ouverte lorsque l’entreprise se trouve en état de cessation des paiements mais que son redressement reste possible. Régie par les articles L.631-1 et suivants du Code de commerce, elle vise à permettre la poursuite de l’activité, le maintien de l’emploi et l’apurement du passif à travers l’adoption d’un plan de continuation.

Le redressement judiciaire impose au dirigeant une obligation de déclaration dans les 45 jours suivant la cessation des paiements. Cette obligation est essentielle : son inobservation expose le dirigeant à des sanctions personnelles. À l’inverse, une déclaration faite à temps préserve les chances de redressement.

Le cadre juridique du redressement judiciaire

Le redressement judiciaire est ouvert lorsque deux conditions cumulatives sont réunies : l’entreprise est en état de cessation des paiements (impossibilité de faire face au passif exigible avec son actif disponible) et son redressement est jugé possible par le tribunal (article L.631-1 du Code de commerce).

À la différence de la sauvegarde, le redressement peut être ouvert à l’initiative du dirigeant, mais également d’un créancier ou du ministère public. Le dirigeant doit déclarer la cessation des paiements dans les 45 jours, à peine de sanctions personnelles.

Le redressement judiciaire emporte plusieurs effets juridiques majeurs :

  • Suspension immédiate des poursuites individuelles des créanciers.
  • Interdiction de paiement des dettes antérieures au jugement.
  • Désignation d’un mandataire judiciaire et, dans les entreprises d’au moins 20 salariés ou 3 millions d’euros de chiffre d’affaires (ou sur décision du tribunal en deçà), d’un administrateur judiciaire.
  • Obligation pour les créanciers de déclarer leurs créances dans les 2 mois.
  • Période d’observation pour préparer un plan de continuation ou de cession.

La procédure de redressement étape par étape

Le redressement judiciaire se déroule selon un calendrier strict, dont le respect conditionne l’aboutissement du plan :

  1. La déclaration de cessation des paiements

    Le dirigeant déclare la cessation des paiements au greffe du Tribunal de commerce de Toulon dans les 45 jours suivant sa survenance. La déclaration est accompagnée d’un dossier complet : comptes, situation de trésorerie, état du passif exigible, perspectives de redressement, liste des créanciers.

  2. Le jugement d’ouverture

    Le tribunal vérifie l’état de cessation des paiements et apprécie si un redressement est possible. Il prononce l’ouverture, fixe la date de cessation des paiements (pouvant remonter jusqu’à 18 mois), désigne le juge-commissaire, le mandataire judiciaire et, le cas échéant, l’administrateur judiciaire, et arrête la durée de la période d’observation.

  3. La période d’observation

    L’activité se poursuit avec l’administrateur judiciaire, s’il en est désigné un, dont la mission peut aller de l’assistance du dirigeant pour certains actes jusqu’à l’administration complète de l’entreprise. Un bilan économique et social est dressé. Les créances antérieures sont déclarées par les créanciers et vérifiées par le mandataire judiciaire.

  4. L’élaboration du plan

    Trois issues sont possibles : plan de continuation (poursuite de l’activité par le dirigeant), plan de cession (transmission à un repreneur), ou conversion en liquidation si le redressement s’avère impossible. Le plan est négocié avec les créanciers, regroupés en classes de parties affectées dans les entreprises qui atteignent certains seuils.

  5. L’adoption et l’exécution du plan

    Le Tribunal de commerce de Toulon arrête le plan retenu et désigne un commissaire à l’exécution chargé de contrôler le respect des échéances. La durée maximale d’un plan de continuation est de 10 ans. En cas d’inexécution, le plan peut être résolu et la procédure convertie en liquidation.

L’accompagnement du cabinet à Toulon

Le Cabinet Lacombe Brisou intervient à chaque étape de la procédure, depuis la déclaration de cessation des paiements jusqu’à l’adoption et l’exécution du plan. L’intervention précoce du cabinet est précieuse pour qualifier la situation, respecter le délai de 45 jours et présenter un dossier solide au tribunal. Notre intervention s’inscrit dans notre accompagnement en restructuration et procédures collectives.

Le cabinet plaide devant le Tribunal de commerce de Toulon pour l’ouverture de la procédure et l’adoption du plan, et représente ses clients en appel devant la Cour d’appel d’Aix-en-Provence. Le cabinet défend également le dirigeant face aux risques personnels (action en responsabilité pour insuffisance d’actif, sanctions personnelles).

Quand consulter un avocat en redressement judiciaire ?

L’intervention immédiate d’un avocat est essentielle dès que la cessation des paiements se profile :

  • Vous constatez l’impossibilité d’honorer une échéance imminente avec votre trésorerie.
  • Vous approchez du délai de 45 jours pour déclarer une cessation des paiements.
  • Vous êtes assigné en redressement judiciaire par un créancier.
  • Vous voulez préparer un plan de continuation crédible pour le tribunal.
  • Vous envisagez un plan de cession et devez identifier des repreneurs potentiels.
  • Vous êtes mis en cause personnellement dans le cadre de la procédure.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la cessation des paiements ?

La cessation des paiements est définie comme l’impossibilité pour l’entreprise de faire face à son passif exigible avec son actif disponible (article L.631-1 du Code de commerce). Cette notion est financière et non comptable : elle s’apprécie en trésorerie, à une date donnée, en comparant les liquidités et actifs immédiatement mobilisables aux dettes échues ; des capitaux propres négatifs ne suffisent pas à la caractériser, et les réserves de crédit ou moratoires obtenus des créanciers sont pris en compte. La qualification est essentielle car elle détermine le choix entre sauvegarde et redressement.

Quel est le délai pour déclarer la cessation des paiements ?

Le dirigeant dispose de 45 jours à compter de la survenance de la cessation des paiements pour la déclarer au tribunal, sauf s’il a, dans ce délai, demandé l’ouverture d’une conciliation. Le non-respect, s’il est délibéré, expose le dirigeant à une interdiction de gérer et, si l’entreprise est ensuite liquidée, peut être retenu au soutien d’une action en responsabilité pour insuffisance d’actif.

Le dirigeant peut-il être maintenu à la tête de l’entreprise ?

Oui, c’est la situation la plus fréquente. L’administrateur judiciaire reçoit le plus souvent une mission d’assistance, le dirigeant conservant la direction effective. Dans les cas plus graves, l’administrateur peut être chargé d’une mission de représentation. Le maintien dépend de la capacité du dirigeant à conduire le redressement.

Quelle est la différence entre plan de continuation et plan de cession ?

Le plan de continuation prévoit la poursuite de l’activité par le dirigeant lui-même, avec un échéancier de paiement des dettes sur 10 ans maximum. Le plan de cession transfère l’entreprise à un repreneur sélectionné, qui poursuit l’activité et reprend les contrats désignés et les salariés rattachés. Le choix dépend de la capacité de l’entreprise et des offres de reprise.

Quelles sont les conséquences personnelles pour le dirigeant ?

Si la procédure aboutit à une liquidation judiciaire, le dirigeant peut être poursuivi en responsabilité pour insuffisance d’actif lorsqu’une faute de gestion, autre qu’une simple négligence, a contribué à cette insuffisance (article L.651-2 du Code de commerce). Il peut également faire l’objet de sanctions personnelles : faillite personnelle, interdiction de gérer. La défense face à ces risques est un volet à part entière de l’intervention de l’avocat.

Votre avocate

Maître Constance Brisou

Avocate en droit des affaires au barreau de Toulon · Son parcours

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