Procédure de sauvegarde

La procédure de sauvegarde est un dispositif préventif destiné aux entreprises qui rencontrent des difficultés sérieuses sans être en cessation des paiements. Créée par la loi du 26 juillet 2005, elle permet au dirigeant de bénéficier d’une protection judiciaire pour négocier l’apurement de son passif tout en poursuivant son activité.

Régie par les articles L.620-1 et suivants du Code de commerce, la sauvegarde présente un atout décisif : elle est ouverte à la seule initiative du dirigeant, ce qui lui permet de garder la maîtrise du calendrier et de la communication. Le tribunal ne peut imposer cette procédure ; il ne peut que la rejeter si les conditions ne sont pas réunies.

Le cadre juridique de la sauvegarde

La procédure de sauvegarde est ouverte aux entreprises qui justifient de difficultés qu’elles ne sont pas en mesure de surmonter, sans être pour autant en cessation des paiements (article L.620-1 du Code de commerce). C’est précisément cette antériorité par rapport à la cessation qui distingue la sauvegarde du redressement judiciaire et qui en fait un outil de prévention.

La procédure se compose d’une période d’observation, généralement de 6 mois renouvelable, durant laquelle l’activité se poursuit, le cas échéant sous la surveillance d’un administrateur judiciaire. À l’issue de cette période, un plan de sauvegarde est arrêté par le tribunal pour permettre l’apurement du passif.

La sauvegarde présente des effets juridiques protecteurs immédiats :

  • Suspension des poursuites individuelles des créanciers antérieurs
  • Interdiction de paiement des dettes antérieures au jugement d’ouverture.
  • Arrêt du cours des intérêts légaux et conventionnels, sauf pour les prêts conclus pour une durée d’au moins un an.
  • Déclaration obligatoire des créances par les créanciers dans les 2 mois.
  • Maintien du dirigeant à la tête de l’entreprise pendant toute la procédure.

La procédure de sauvegarde étape par étape

La procédure se déroule selon un calendrier strict imposé par la loi :

  1. La préparation et la requête d’ouverture

    Le dirigeant prépare un dossier complet justifiant des difficultés rencontrées et démontrant l’absence de cessation des paiements. La demande est déposée au greffe du Tribunal de commerce de Toulon, accompagnée des comptes, de la situation de trésorerie et d’un exposé des difficultés rencontrées et des raisons pour lesquelles l’entreprise ne peut les surmonter seule.

  2. Le jugement d’ouverture

    Le tribunal vérifie les conditions d’ouverture et désigne les organes de la procédure : juge-commissaire, mandataire judiciaire et, obligatoirement dans les entreprises d’au moins 20 salariés ou 3 millions d’euros de chiffre d’affaires, facultativement en deçà, un administrateur judiciaire. Le jugement fixe également la durée de la période d’observation (six mois au plus, renouvelable). S’il apparaît que l’entreprise était déjà en cessation des paiements lors de l’ouverture, le tribunal convertit la sauvegarde en redressement judiciaire.

  3. La période d’observation

    Pendant cette période, l’activité se poursuit sous la supervision de l’administrateur judiciaire. Le dirigeant conserve la direction de l’entreprise. Les créances antérieures sont déclarées par les créanciers (délai de 2 mois). Un bilan économique, social et environnemental est dressé.

  4. L’élaboration du plan de sauvegarde

    Le plan est négocié avec les créanciers, regroupés en classes de parties affectées dans les entreprises qui atteignent certains seuils (depuis la réforme de 2021). Il peut prévoir des délais (jusqu’à 10 ans), des remises de dettes, des conversions en capital. En l’absence de classes, chaque créancier ayant déclaré sa créance est consulté par le mandataire judiciaire sur les délais et remises proposés ; son silence pendant trente jours vaut acceptation, sauf pour les conversions en capital.

  5. L’adoption et l’exécution du plan

    Le Tribunal de commerce de Toulon arrête le plan de sauvegarde après avoir entendu les parties. Pendant l’exécution, le respect des échéances du plan est contrôlé par un commissaire à l’exécution. En cas d’inexécution, le plan peut être résolu et la procédure convertie en redressement ou liquidation.

L’accompagnement du cabinet à Toulon

Le Cabinet Lacombe Brisou intervient à chaque étape de la procédure, depuis la préparation de la requête d’ouverture jusqu’à l’adoption et l’exécution du plan. Maître Constance Brisou coordonne l’action avec l’administrateur judiciaire et les autres organes de la procédure, dans une logique constructive de préservation de l’entreprise. Notre intervention s’inscrit dans notre accompagnement en restructuration et procédures collectives.

Le cabinet plaide devant le Tribunal de commerce de Toulon pour l’ouverture de la sauvegarde et pour l’adoption du plan. En cas de contestation ou de recours, les dossiers sont portés en appel devant la Cour d’appel d’Aix-en-Provence. La connaissance des juridictions locales et des praticiens habituels est un atout opérationnel.

Quand consulter un avocat pour une procédure de sauvegarde ?

L’intervention précoce d’un avocat est déterminante pour préserver les chances de succès :

  • Vous rencontrez des difficultés sérieuses sans être en cessation des paiements.
  • Vous anticipez des échéances que vous ne pourrez pas honorer dans les prochains mois.
  • Vous souhaitez bénéficier d’une protection judiciaire pour négocier sereinement.
  • Vous voulez conserver la direction de votre entreprise pendant la restructuration.
  • Vous êtes confronté à un créancier majeur dont vous ne pouvez obtenir d’accord amiable.
  • Vous hésitez entre conciliation et sauvegarde, ou entre sauvegarde et redressement.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre sauvegarde et redressement judiciaire ?

La sauvegarde est ouverte avant la cessation des paiements, à la seule initiative du dirigeant. Le redressement est ouvert après la cessation des paiements, à l’initiative du dirigeant, d’un créancier ou du ministère public. La sauvegarde présente l’avantage de laisser le dirigeant maître du calendrier et de préserver davantage sa réputation.

Le dirigeant reste-t-il à la tête de l’entreprise ?

Oui. C’est l’un des atouts majeurs de la procédure de sauvegarde : le dirigeant conserve ses pouvoirs de direction pendant toute la procédure, sous la supervision de l’administrateur judiciaire dont le rôle est d’accompagner, pas de remplacer. En redressement, à l’inverse, l’administrateur peut se voir confier une mission d’assistance ou de représentation.

Quels sont les effets de la sauvegarde sur les créanciers ?

Le jugement d’ouverture interdit le paiement des dettes antérieures et suspend les poursuites individuelles. Les créanciers doivent déclarer leurs créances dans les 2 mois suivant la publication. Le cours des intérêts est arrêté, sauf pour les intérêts des prêts conclus pour une durée d’au moins un an ; les cautions personnes physiques peuvent s’en prévaloir. Ces effets protègent l’entreprise pendant la période de négociation.

Quelle est la durée d’un plan de sauvegarde ?

Le plan de sauvegarde peut prévoir un apurement du passif sur une durée maximale de 10 ans. Le rythme et le montant des échéances sont négociés en fonction de la capacité de l’entreprise à dégager des ressources. Le plan peut prévoir des remises de dettes, des conversions en capital ou des cessions d’actifs non stratégiques.

La sauvegarde est-elle publique ?

Oui. Contrairement au mandat ad hoc et à la conciliation, l’ouverture d’une sauvegarde fait l’objet d’une publication au BODACC et au RCS. Cette publicité conditionne la déclaration des créances par les créanciers. C’est l’une des considérations à intégrer dans le choix du dispositif.

Votre avocate

Maître Constance Brisou

Avocate en droit des affaires au barreau de Toulon · Son parcours

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