La restructuration d’entreprise désigne l’ensemble des opérations juridiques, financières et opérationnelles destinées à adapter la structure d’une société à un nouvel équilibre. Elle peut être préventive — pour anticiper des difficultés naissantes — ou stratégique, pour optimiser l’organisation d’un groupe. Sa réussite repose sur une intervention précoce, lorsque toutes les options restent ouvertes.
Le législateur français a développé depuis 2005 un arsenal préventif puissant : mandat ad hoc, conciliation, procédure de sauvegarde. Ces dispositifs confidentiels permettent au dirigeant de négocier avec ses partenaires dans un cadre protecteur, avant que la situation ne se dégrade. Leur efficacité est avérée lorsqu’ils sont mobilisés à temps.
Le Cabinet Lacombe Brisou accompagne dirigeants et associés dans la conception et la mise en œuvre de leurs opérations de restructuration. Notre intervention s’inscrit dans notre accompagnement en restructuration et procédures collectives, depuis 1986.
Le cadre juridique de la restructuration
La restructuration mobilise plusieurs dispositifs juridiques selon le degré de difficulté rencontré et la stratégie poursuivie. Les outils préventifs — mandat ad hoc (article L.611-3 du Code de commerce) et conciliation (articles L.611-4 et suivants) — sont confidentiels et négociés avec les principaux créanciers sous l’égide d’un mandataire de justice.
Lorsque la situation l’exige, la procédure de sauvegarde (articles L.620-1 et suivants) ou le redressement judiciaire (articles L.631-1 et suivants) prennent le relais. Le choix du dispositif est déterminant : il conditionne le niveau de protection, la durée et la communication autour de l’opération.
Les principaux dispositifs de restructuration mobilisent :
- Le mandat ad hoc, outil souple et entièrement confidentiel.
- La conciliation, qui permet d’obtenir un accord homologué par le tribunal.
- La procédure de sauvegarde, ouverte avant la cessation des paiements.
- Le redressement judiciaire, lorsque la cessation des paiements est avérée.
- Les opérations capitalistiques (augmentation de capital, lease-back, dette mezzanine).
La démarche de restructuration étape par étape
Une restructuration réussie suit un déroulement structuré, dont chaque étape conditionne l'efficacité du dispositif retenu :
Étape 1 — Le diagnostic stratégique et financier
Un diagnostic approfondi de la situation est conduit : analyse de la trésorerie, examen du passif exigible, identification des leviers d’action, évaluation du positionnement commercial. Cette phase, menée en lien avec les conseils financiers et comptables, permet d’objectiver la situation et de choisir le dispositif adapté.
Étape 2 — Le choix du dispositif juridique
Mandat ad hoc, conciliation, sauvegarde ou redressement : le choix dépend de l’urgence, du degré de difficulté et de la nature des partenaires à mobiliser. Chaque dispositif présente des avantages spécifiques en termes de confidentialité, de durée et d’effets sur les créanciers.
Étape 3 — L'ouverture de la procédure
La saisine du président du Tribunal de commerce de Toulon ouvre la procédure choisie. Selon le dispositif, un mandataire ad hoc, un conciliateur ou un administrateur judiciaire est désigné. Sa mission est précisément définie dans l’ordonnance d’ouverture.
Étape 4 — La négociation avec les partenaires
Cette phase est le cœur opérationnel de la restructuration : négociation avec les banques (rééchelonnement, abandons partiels), avec les fournisseurs stratégiques, avec les actionnaires (apports nouveaux), avec les bailleurs. La qualité du dialogue conditionne l’aboutissement.
Étape 5 — La sécurisation juridique de l'accord
L’accord négocié est formalisé selon les exigences du dispositif retenu : protocole de mandat ad hoc, accord de conciliation constaté ou homologué, plan de sauvegarde adopté par les classes de parties affectées. La sécurisation juridique garantit l’opposabilité des concessions consenties.
L'accompagnement du cabinet à Toulon
Le Cabinet Lacombe Brisou intervient à chaque étape de la restructuration, depuis le diagnostic initial jusqu’à la sécurisation de l’accord. Maître Constance Brisou et l’équipe coordonnent étroitement leur action avec les autres conseils de l’entreprise (expert-comptable, commissaire aux comptes, conseil financier), dont l’intervention pluridisciplinaire est essentielle à la réussite de l’opération.
Le cabinet plaide devant le Tribunal de commerce de Toulon pour l’ouverture des procédures préventives ou collectives, et représente ses clients en appel devant la Cour d’appel d’Aix-en-Provence. La connaissance des juridictions locales et de leurs praticiens — administrateurs, mandataires, juges-commissaires — est un atout dans la conduite des dossiers les plus sensibles.
Quand consulter un avocat en restructuration ?
L'intervention précoce d'un avocat est décisive pour préserver les marges de manœuvre du dirigeant :
- Vous constatez une tension de trésorerie qui pourrait s’aggraver.
- Vous anticipez une difficulté à honorer une échéance bancaire ou fiscale.
- Vous souhaitez ouvrir un dialogue confidentiel avec vos principaux créanciers.
- Vous envisagez une opération capitalistique pour renforcer la structure.
- Vous voulez sécuriser une opération de filialisation ou de restructuration de groupe.
- Vous êtes administrateur d’une société dont la situation se dégrade.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre mandat ad hoc et conciliation ?
Le mandat ad hoc est un dispositif entièrement contractuel : le tribunal désigne un mandataire qui facilite les négociations, mais sans aucun effet sur les créanciers. La conciliation va plus loin : elle peut aboutir à un accord constaté ou homologué par le tribunal, qui produit alors des effets juridiques (suspension des poursuites, privilège de new money). Les deux sont confidentiels et durent au maximum 4 ou 5 mois.
La restructuration est-elle nécessairement publique ?
Non. Les dispositifs préventifs (mandat ad hoc et conciliation) sont strictement confidentiels. Seuls les organes participant à la procédure sont informés : le dirigeant, le mandataire ou conciliateur, le tribunal et les créanciers négociant. Cette confidentialité préserve la réputation commerciale de l’entreprise et la confiance de ses partenaires.
Quels sont les leviers de négociation avec les créanciers ?
Les leviers usuels sont l’étalement de la dette (rééchelonnement sur 3 à 7 ans), les abandons partiels de créance, la conversion de dette en capital (debt-equity swap), la mise en place de financements nouveaux bénéficiant du privilège de la new money en conciliation. Le choix du levier dépend du profil de chaque créancier et de la stratégie globale de redressement.
Quelle est la responsabilité du dirigeant en cas de difficultés ?
Le dirigeant doit déclarer toute cessation des paiements dans les 45 jours suivant sa survenance (article L.631-4 du Code de commerce). À défaut, il s’expose à une action en responsabilité pour insuffisance d’actif, voire à des sanctions personnelles (faillite personnelle, interdiction de gérer). L’intervention précoce d’un avocat permet d’éviter ces écueils.
Combien de temps dure une procédure de restructuration ?
Le mandat ad hoc et la conciliation durent au maximum 5 mois. La procédure de sauvegarde se compose d’une période d’observation de 6 mois renouvelable, suivie d’un plan pouvant aller jusqu’à 10 ans. Le redressement judiciaire suit un calendrier comparable. La phase d’exécution du plan s’étend généralement sur plusieurs années.
Autres domaines du droit des affaires
Le Cabinet Lacombe Brisou intervient sur l'ensemble des problématiques d'entreprise devant le Tribunal de commerce de Toulon, le Tribunal judiciaire de Toulon et la Cour d'appel d'Aix-en-Provence.
Accompagnement du dirigeant
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Un premier rendez-vous confidentiel permet d’analyser votre situation et d’identifier le dispositif de restructuration adapté à vos enjeux, dans un cadre protecteur.