La procédure de sauvegarde est un dispositif préventif destiné aux entreprises qui rencontrent des difficultés sérieuses sans être en cessation des paiements. Créée par la loi du 26 juillet 2005, elle permet au dirigeant de bénéficier d’une protection judiciaire pour négocier l’apurement de son passif tout en poursuivant son activité.
Régie par les articles L.620-1 et suivants du Code de commerce, la sauvegarde présente un atout décisif : elle est ouverte à la seule initiative du dirigeant, ce qui lui permet de garder la maîtrise du calendrier et de la communication. Le tribunal ne peut imposer cette procédure ; il ne peut que la rejeter si les conditions ne sont pas réunies.
Le Cabinet Lacombe Brisou accompagne les dirigeants dans la préparation, l’ouverture et le suivi de leur procédure de sauvegarde. Notre intervention s’inscrit dans notre accompagnement en restructuration et procédures collectives, depuis 1986.
Le cadre juridique de la sauvegarde
La procédure de sauvegarde est ouverte aux entreprises qui justifient de difficultés qu’elles ne sont pas en mesure de surmonter, sans être pour autant en cessation des paiements (article L.620-1 du Code de commerce). C’est précisément cette antériorité par rapport à la cessation qui distingue la sauvegarde du redressement judiciaire et qui en fait un outil de prévention.
La procédure se compose d’une période d’observation, généralement de 6 mois renouvelable, durant laquelle l’activité se poursuit sous la supervision d’un administrateur judiciaire. À l’issue de cette période, un plan de sauvegarde est arrêté par le tribunal pour permettre l’apurement du passif.
La sauvegarde présente des effets juridiques protecteurs immédiats :
- Suspension des poursuites individuelles des créanciers antérieurs
- Interdiction de paiement des dettes antérieures au jugement d’ouverture.
- Arrêt du cours des intérêts pour les créanciers chirographaires.
- Déclaration obligatoire des créances par les créanciers dans les 2 mois.
- Maintien du dirigeant à la tête de l’entreprise pendant toute la procédure.
La procédure de sauvegarde étape par étape
La procédure se déroule selon un calendrier strict imposé par la loi :
Étape 1 — La préparation et la requête d'ouverture
Le dirigeant prépare un dossier complet justifiant des difficultés rencontrées et démontrant l’absence de cessation des paiements. La requête est déposée auprès du président du Tribunal de commerce de Toulon, accompagnée des comptes, de la situation de trésorerie et d’un exposé des perspectives de redressement.
Étape 2 — Le jugement d'ouverture
Le tribunal vérifie les conditions d’ouverture et désigne les organes de la procédure : juge-commissaire, administrateur judiciaire et mandataire judiciaire. Le jugement détermine également la durée de la période d’observation (6 mois en principe) et fixe la date de cessation des paiements antérieure éventuelle.
Étape 3 — La période d'observation
Pendant cette période, l’activité se poursuit sous la supervision de l’administrateur judiciaire. Le dirigeant conserve la direction de l’entreprise. Les créances antérieures sont déclarées par les créanciers (délai de 2 mois). Un bilan économique, social et environnemental est dressé.
Étape 4 — L'élaboration du plan de sauvegarde
Le plan est négocié avec les créanciers regroupés en classes de parties affectées (depuis la réforme de 2021). Il peut prévoir des délais (jusqu’à 10 ans), des remises de dettes, des conversions en capital. L’avis des principaux créanciers est sollicité avant adoption.
Étape 5 — L'adoption et l'exécution du plan
Le Tribunal de commerce de Toulon arrête le plan de sauvegarde après avoir entendu les parties. Pendant l’exécution, le respect des échéances du plan est contrôlé par un commissaire à l’exécution. En cas d’inexécution, le plan peut être résolu et la procédure convertie en redressement ou liquidation.
L'accompagnement du cabinet à Toulon
Le Cabinet Lacombe Brisou intervient à chaque étape de la procédure, depuis la préparation de la requête d’ouverture jusqu’à l’adoption et l’exécution du plan. Maître Constance Brisou coordonne l’action avec l’administrateur judiciaire et les autres organes de la procédure, dans une logique constructive de préservation de l’entreprise.
Le cabinet plaide devant le Tribunal de commerce de Toulon pour l’ouverture de la sauvegarde et pour l’adoption du plan. En cas de contestation ou de recours, les dossiers sont portés en appel devant la Cour d’appel d’Aix-en-Provence. La connaissance des juridictions locales et des praticiens habituels est un atout opérationnel.
Quand consulter un avocat pour une procédure de sauvegarde ?
L'intervention précoce d'un avocat est déterminante pour préserver les chances de succès :
- Vous rencontrez des difficultés sérieuses sans être en cessation des paiements.
- Vous anticipez des échéances que vous ne pourrez pas honorer dans les prochains mois.
- Vous souhaitez bénéficier d’une protection judiciaire pour négocier sereinement.
- Vous voulez conserver la direction de votre entreprise pendant la restructuration.
- Vous êtes confronté à un créancier majeur dont vous ne pouvez obtenir d’accord amiable.
- vous hésitez entre conciliation et sauvegarde, ou entre sauvegarde et redressement.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre sauvegarde et redressement judiciaire ?
La sauvegarde est ouverte avant la cessation des paiements, à la seule initiative du dirigeant. Le redressement est ouvert après la cessation des paiements, à l’initiative du dirigeant, d’un créancier ou du ministère public. La sauvegarde présente l’avantage de laisser le dirigeant maître du calendrier et de préserver davantage sa réputation.
Le dirigeant reste-t-il à la tête de l'entreprise ?
Oui. C’est l’un des atouts majeurs de la procédure de sauvegarde : le dirigeant conserve ses pouvoirs de direction pendant toute la procédure, sous la supervision de l’administrateur judiciaire dont le rôle est d’accompagner, pas de remplacer. En redressement, à l’inverse, l’administrateur peut se voir confier une mission d’assistance ou de représentation.
Quels sont les effets de la sauvegarde sur les créanciers ?
Le jugement d’ouverture interdit le paiement des dettes antérieures et suspend les poursuites individuelles. Les créanciers doivent déclarer leurs créances dans les 2 mois suivant la publication. Le cours des intérêts est arrêté pour les créances chirographaires. Ces effets protègent l’entreprise pendant la période de négociation.
Quelle est la durée d'un plan de sauvegarde ?
Le plan de sauvegarde peut prévoir un apurement du passif sur une durée maximale de 10 ans. Le rythme et le montant des échéances sont négociés en fonction de la capacité de l’entreprise à dégager des ressources. Le plan peut prévoir des remises de dettes, des conversions en capital ou des cessions d’actifs non stratégiques.
La sauvegarde est-elle publique ?
Oui. Contrairement au mandat ad hoc et à la conciliation, l’ouverture d’une sauvegarde fait l’objet d’une publication au BODACC et au RCS. Cette publicité conditionne la déclaration des créances par les créanciers. C’est l’une des considérations à intégrer dans le choix du dispositif.
Autres domaines du droit des affaires
Le Cabinet Lacombe Brisou intervient sur l'ensemble des problématiques d'entreprise devant le Tribunal de commerce de Toulon, le Tribunal judiciaire de Toulon et la Cour d'appel d'Aix-en-Provence.
Accompagnement du dirigeant
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Un premier rendez-vous confidentiel permet d’analyser votre situation et de vérifier si la procédure de sauvegarde constitue le dispositif adapté pour préserver votre entreprise.